Philippe WALTER

Philippe Walter

Directeur du LAMS

philippe.walter at upmc.fr

 

Philippe Walter est un physico-chimiste spécialisé dans l’étude des matériaux du patrimoine culturel. Né en 1967, il entre à l’Ecole Normale Supérieure de Saint-Cloud en 1986 où il étudie la physique et la science des matériaux dans le cadre du Magistère Interuniversitaire de Physique. Il rejoint ensuite le laboratoire de recherche des musées de France et le laboratoire de géochimie de l’Université Paul Sabatier à Toulouse, où il soutient son doctorat en Sciences de la Terre en 1993. Recruté en 1995 au CNRS par l’Institut de Chimie, il travaille au Centre de recherche et de restauration des musées de France jusqu’en 2011. Il y a dirigé l’unité CNRS de 2008 à 2011, avant de créer, début 2012, à l’Université Pierre et Marie Curie – aujourd’hui Sorbonne Université – le Laboratoire d’archéologie moléculaire et structurale.

Ses recherches l’ont amené à développer des instruments innovants pour l’analyse de microéchantillons ou directement effectuée sur les œuvres. Il a ainsi contribué au développement des analyses par faisceaux d’ions avec l’accélérateur AGLAE installé au Palais du Louvre, dont il a dirigé l’équipe de 2003 à 2011, et il a conçu et porté le projet de rénovation New AGLAE, labélisé Equipex. Il s’est par ailleurs intéressé à l’utilisation du rayonnement synchrotron pour l’analyse de produits cosmétiques anciens et de peintures. Il a joué un rôle pionnier dans ce domaine et a fédéré la communauté nationale en proposant de créer le groupement de recherche Synchrotron et Patrimoine. En parallèle, il a conduit la construction de prototypes d’instruments d’analyse, portables et légers, permettant de travailler sur les terrains archéologiques ou dans les musées. Ces outils lui ont permis de réaliser différentes études à travers le monde, notamment sur les peintures corporelles de momies en Chine et au Chili et des peintures murales en Egypte. Afin d’effectuer ces développements technologiques, il a travaillé avec de nombreuses équipes expérimentales en France et à l’étranger, en particulier à Grenoble avec l’Institut Néel et l’European Synchrotron Radiation Facility (ESRF), mais le CNES et la NASA.

Sa démarche dans le domaine de l’archéologie et de l’art l’a conduit à s’intéresser à des périodes variées, de la Préhistoire à l’époque moderne. Il a dirigé différents programmes de recherche, dont un au sujet des habitudes cosmétiques de l’Antiquité, en collaboration durant 16 ans avec les laboratoires de recherche de L’Oréal. Il a ainsi caractérisé les compositions et propriétés des maquillages conservés dans des flacons à fards égyptiens et romains. Il a également étudié les peintures de grottes ornées, de tombes égyptiennes et gréco-romaines ou celles de certains artistes de la Renaissance, comme Léonard de Vinci. Ses travaux aident à comprendre l’évolution des techniques utilisées durant la vie de l’artiste ou au cours des siècles, et à mieux connaître ceux qui ont conçu et réalisé ces œuvres. Ces recherches montrent aussi que les manifestations artistiques sont une clé pour redécouvrir l’histoire de la chimie et plus largement les relations entre les arts et les sciences.

Auteur de plus de 280 publications aussi bien dans des revues de physico-chimie que dans le domaine de l’archéologie et de l’histoire, et invité à environ 300 reprises, il a reçu plusieurs distinctions nationales et internationales dont les Médailles de bronze (2000) et d’argent (2008) du CNRS, le Prix Grammatikakis-Neuman de l’Académie des Sciences (2004), le Prix franco-américain Franklin-Lavoisier, qu’il a reçu à Philadelphie en 2010, et le Grand Prix Joseph-Achille Le Bel de la Société chimique de France en 2017.

Soucieux de partager ses découvertes avec le plus grand nombre, il a été commissaire de deux expositions sur l’histoire de la beauté, au Musée égyptien du Caire en 2002 et au Musée national du Moyen Âge à Paris en 2009 : Le Bain et le Miroir, soins du corps et cosmétiques de l’Antiquité à la Renaissance. Il intervient régulièrement dans les médias et a écrit un ouvrage de vulgarisation en 2013 : L’Art-Chimie, enquête dans le laboratoire des artistes. Il enseigne régulièrement et a été professeur au Collège de France, titulaire de la chaire annuelle d’innovation industrielle Liliane Bettencourt.

http://web2.umr-lams.fr/philipe-walter-lanalyse-des-objets-archeologiques-et-des-oeuvres-artistiques/ 

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